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L’héritage de la Seconde Guerre mondiale



Le dernier né du grand Lukacs, traduit et présenté par François Delpla



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Une et Quatrième

Lukacs, le pionnier

Ce livre est le couronnement d’une vie d’historien.

John Lukacs est reconnu dans les pays anglo-saxons pour la finesse et la justesse de son trait, sur une grande variété de sujets touchant les trois derniers siècles, et apprécié dans le monde entier grâce à de nombreuses traductions, la France ayant cependant pris un certain retard [1].

Né hongrois en 1924 d’un père catholique et d’une mère juive, réchappé des griffes d’Eichmann en 1944 puis du système stalinien en 1946, il devient rapidement citoyen américain et adversaire sarcastique des brutes politiques ou militaires de son nouveau pays, depuis la « chasse aux sorcières » présumées communistes lancée par le sénateur Mac Carthy jusqu’à la guerre d’Irak, en passant par celle du Vietnam. Ainsi, il n’a cessé de commenter l’actualité, tout en vantant les mérites d’un certain nombre de traditions qui lui paraissaient fâcheusement abandonnées ou en voie de l’être. Cet aperçu de son parcours suggère à la fois la richesse de son expérience et sa capacité de prendre des distances avec les pays et les cultures, salutaire pour qui veut les décrire et fouiller leur passé.

Ce fervent churchillien, dont l’adolescence et le pays avaient été fracassés par Hitler, a d’abord concentré son attention d’historien sur des questions principalement culturelles et des siècles antérieurs au vingtième. Lorsqu’il aborda la Seconde Guerre mondiale dans les années 1970, c’est parce qu’il y avait du neuf à dire sur elle, en raison des ouvertures d’archives qui se multipliaient, et son premier livre, La Dernière guerre européenne (1976), porta sur les conditions de vie des peuples et leur état d’esprit bien plus que sur les stratégies des dirigeants. C’est plus tard qu’il voua aux joutes entre Churchill et Hitler une attention de plus en plus concentrée, comme il l’expliquait lui-même plaisamment dans son livre de 1999 Five Days in London : repérant dans les minutes du cabinet britannique de la fin de mai 1940 (peu après leur ouverture, en 1971) un désaccord sur la continuation de la guerre, jusque là inaperçu, entre Churchill et son ministre des Affaires étrangères Halifax, il lui avait consacré quelques lignes dans le livre de 1976, puis quelques pages en 1990 dans le Duel, et enfin un ouvrage entier, ce Five Days , en même temps qu’il resserrait son propos dans le temps : deux ans, puis deux mois, puis cinq jours. A tel point que ses proches lui demandaient si son prochain livre allait traiter en tout et pour tout de « Quelques heures à Londres » !

Mais cet amateur de physique atomique ne voyait pas (et, comme le montre le présent livre, ne voit toujours pas) l’intérêt de fractionner plus avant sa matière : il avait bien fallu ces cinq journées de réunions gouvernementales quasiment ininterrompues pour que le champion de la lutte contre Hitler imposât ses vues (de façon encore précaire) à des collègues ministres qui avaient beaucoup tardé à prendre la mesure du péril et étaient tentés à présent de trouver, dans l’imminente mise hors de combat de la France, un prétexte pour reprendre une pose de spectateurs. Car le dénouement de ce débat avait été cruel, et même fatal, pour Hitler qui pensait non sans quelques bonnes raisons, après le succès de Sedan et la chevauchée blindée consécutive, parvenir à son but : une paix générale permettant de consolider au cœur de l’Europe le régime nazi, désormais inexpugnable, au moins pour toute une époque historique.

Il y a donc bien un avant et un après-Lukacs. On lui doit essentiellement un regard lucide sur Hitler, dont il fut l’un des premiers, sinon à discerner, du moins à oser mentionner les qualités de dirigeant et de stratège, et le premier à en tirer d’importantes conséquences. S’il a pu parfois donner, à quelques détracteurs pressés, l’impression d’hypertrophier le rôle des dirigeants en général, c’est qu’en général on se trompe sur le dictateur allemand : l’œil exercé de Lukacs a repéré un cas particulier là où tant d’observateurs s’ingéniaient à noyer la singularité dans une série, en rapprochant Hitler d’une kyrielle de tyrans et d’inspirateurs, ou en expliquant ses décisions par des causes sociales, quand ce n’était pas par d’introuvables pathologies collectives. Encore pouvait-on s’estimer heureux lorsque les réussites de ce chef parfois qualifié de « faible », ou même ses fautes, n’étaient pas attribuées à des collaborateurs : par exemple, le déclenchement de la guerre est encore souvent imputé à une erreur de calcul de Ribbentrop (sur la patience anglaise devant les exactions allemandes), et la réussite de la campagne de France à un trio de généraux prenant des initiatives qui faisaient frémir d’angoisse toute leur hiérarchie, y compris le chef suprême. Trêve d’errements : quand l’histoire prend une tournure aussi singulière, c’est qu’un individu la façonne. Et si finalement il échoue, il n’est pas interdit de supposer qu’à cette entreprise en train de faire plier le monde, un « non » mobilisateur a été opposé, également, par un homme, au départ, solitaire.

L’ancien résiste au neuf et Lukacs s’est heurté à bien des conservatismes, dont il recense ici quelques uns. Il n’en reste pas moins qu’en règle générale on ne parle plus de Hitler, ni de Churchill, tout à fait de la même façon. Prenons l’exemple d’un livre majeur, paru quelques mois après celui-ci : signé de Marcel Gauchet, il porte sur l’histoire du vingtième siècle, présenté comme l’âge des « totalitarismes » [2] . Ce dernier concept est récusé par Lukacs, tout comme celui de fascisme, au nom de la singularité de l’entreprise hitlérienne. Cependant Gauchet innove, par rapport à ses devanciers les plus célèbres comme Hannah Arendt ou Claude Lefort : dénombrant trois totalitarismes (l’italien, l’allemand et le soviétique) et présentant chacun d’eux comme une « religion séculière », il voit dans le nazisme la plus achevée des trois, et celle qui doit le plus à la personnalité de son prophète. Lukacs est passé par là, en personne ou par quelque intermédiaire.

Il se règle essentiellement sur deux boussoles : le fait national, et le primat des idées sur la matière. On peut trouver à son travail des limites, qui sont celles mêmes de ces instruments, au demeurant en partie contradictoires. Car si les idées mènent le monde, le propre des nations, et c’est bien ce qui, en elles, intéresse John Lukacs, est de rester en place quand les idéologies disparaissent. Les grands dirigeants sont donc ceux qui savent composer avec leur propre idéologie pour tenir compte des aspirations des peuples -le leur, ou ceux des autres nations impliquées dans leurs entreprises. Lukacs voit sous ce prisme Hitler et Staline, ainsi que Churchill. Il fait grand mérite au Britannique de son alliance indéfectible avec Staline contre Hitler, si pénibles qu’en aient été les conséquences sur l’Europe de l’Est en général, et sa Hongrie natale en particulier. Churchill, dit-il, avait bien entrevu le caractère éphémère de l’empire soviétique -dont Lukacs lui-même relevait la fragilité dans des écrits publics, dès les années 1960- et prévu assez exactement sa durée ; mais, de toute manière, « une moitié d’Europe libre valait mieux que rien du tout ».

Une autre limite sera jugée, par beaucoup, favorablement : notre historien est un prudent, tant dans ses thèses que dans ses hypothèses. On sent parfois qu’il se retient d’affirmer, et même de supposer. Ayant discerné l’importance du secret dans la pratique politique de Hitler (dont bon nombre d’auteurs encore retracent la carrière en négligeant ce facteur), il ne lui prête cependant pas beaucoup de ruses ni de mensonges ; il est pourtant, là aussi, un défricheur. Presque tous ses prédécesseurs racontent, par exemple, les démarches de Himmler et d’autres dirigeants SS envers les Américains à l’approche de la fin de la guerre comme des mouvements centrifuges, échappant à Hitler. Lukacs infère, avec des précautions de Sioux, que le Führer était derrière, au moins « dans certains cas ». Il faut dire qu’il a bâti préalablement un cadre explicatif : Hitler voyait sa seule planche de salut dans la dislocation de la coalition adverse, dès avant Pearl Harbor et l’entrée des Etats-Unis dans la guerre. Pour l’établir, Lukacs s’appuie sur des documents datant de novembre 1941, ou des témoignages relatifs à cette période. Or les démarches précitées des SS s’inscrivent parfaitement dans cette tentative au long cours de diviser le camp adverse. Mais comme elles sont essentiellement connues par des documents anglais ou américains, on peut à la rigueur concevoir qu’elles soient faites indépendamment de Hitler et Lukacs en laisse la possibilité ouverte. Des recherches en cours, notamment sur l’amiral Canaris, tendent à établir que le Führer, qui portait bien son nom, orientait en sous-main beaucoup de menées apparemment antinazies ou dissidentes [3] . Lukacs fait des pas dans ce sens... et en laisse d’autres à ses continuateurs.

Si ce livre résume une œuvre -une partie d’œuvre plutôt : la fraction de ses écrits que l’auteur a consacrée à la Seconde Guerre mondiale, et que lui-même évalue au quart du total-, il est loin de n’être qu’un récapitulatif. Il approfondit certains points à partir de découvertes récentes -par exemple dans le chapitre 5 sur Heisenberg et Bohr comme dans le suivant, sur les plans américains à l’égard du Japon- et surtout il replace la Seconde Guerre mondiale dans l’histoire générale, sans omettre la plus récente : Lukacs déduit des toutes dernières crises internationales, avec son originalité coutumière, que l’Amérique est peut-être en train de larguer ses amarres européennes, qui avaient été resserrées par les deux guerres mondiales.

En résumé, il éclaire d’une vive lumière les grandes phases de la guerre et son empreinte sur les temps ultérieurs, en écartant de façon sobre et convaincante des thèses qui ont été en vogue, comme celle d’A J P Taylor selon laquelle Hitler ne voulait pas la guerre, ou celle de Viktor Rezun prétendant que Staline voulait l’attaquer en 1941. Il donne une leçon constante de mesure et de bon sens, dans une langue aussi claire qu’élégante.

Mais il est temps de laisser la parole à cet observateur engagé qui n’a pas froid aux yeux [4].

le 25 mars 2011

[1] A part l’attachant Budapest 1900. Portrait historique d’une ville et de sa culture, Quai Voltaire, 1990, seuls ont été traduits en français trois livres sur la Seconde Guerre mondiale : La Dernière guerre européenne -1939-1941 (1976), Fayard, 1978, Le Duel Churchill-Hitler (1990), Robert Laffont, 1992, et Churchill, Londres, 1940 (1999), Odile Jacob, 2002.

[2] Cf. Gauchet (Marcel), L’Avènement de la démocratie, tome III : A l’épreuve des totalitarismes (1914-1974), Paris,Gallimard, 2010.

[3] Cf. Kerjean (Eric), La chute de l’amiral Canaris / L’espion de Hitler et la résistance allemande.1942-1945, mémoire de Master II sous la direction de Fabrice Bouthillon, Université de Brest, 2010.

[4] En septembre 2010, la présente traduction, dans un état presque achevé, a été soumise à John Lukacs, qui a séjourné en France et comprend le français. Il a suggéré des corrections, en modifiant parfois son texte initial, ce qui peut expliquer certaines divergences et fait de cette traduction une véritable nouvelle édition.



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