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Mers el-Kébir / La Grande-Bretagne rentre en guerre



Interview de l’auteur au moment de la sortie (mars 2010)



Propos recueillis par Matthieu Boisdron

Histobiblio : François Delpla, bonjour. Pouvez-vous tout d’abord nous expliquer ce qui vous a amené à vous intéresser à cet épisode sanglant qu’a été la canonnade de Mers el-Kébir ?

M. François Delpla : Entre elle et moi c’est une vieille affaire ! Je lui consacrais déjà plusieurs pages en 1993 dans mon immortel (jeu privé !) Churchill et les Français. Pas excellentes au demeurant. Elles valaient surtout par le titre : « Oran : canonnade contre Halifax ». J’étais dans le feu d’une découverte que je n’ai fait qu’approfondir de livre en livre... et de débat en débat : Hitler avait fort bien mené sa barque et mis le monde, au printemps 1940, au bord de l’échec et mat. Churchill avait maintenu d’extrême justesse la flammèche d’une résistance militaire dans une incompréhension et un scepticisme quasi-généraux, qui touchaient aussi bien les élites politiques anglaises que celles des autres puissances. Et en gagnant jour après jour un sursis précaire. Alors pourquoi un ouvrage spécifique en 2010 ? En partie parce qu’en vieillissant on est de moins en moins maître de ses sujets ! Ils arrivent de plus en plus par la poste, ou par Internet. Ainsi mon livre sur la mort de Mandel, en 2008, découlait assez directement de la réception d’un mémoire de Charles Courrier, le fils de son geôlier. Le plus intéressant dans sa captivité, avais-je découvert, c’était le début, quand Vichy cherchait à le fusiller et à monnayer la chose contre des avantages dans l’Europe nazie, qui se dérobaient. Je voulais donc ensuite faire un ouvrage sur les premiers mois de Vichy, jusqu’en février 41, lorsqu’un vieux loup de mer devenu internaute au long cours me mit en contact avec l’association des anciens de Mers el-Kébir. De fil en aiguille mon propos se concentra sur le tout début de la période vichyssoise.

Histobiblio : Vous insistez beaucoup dans votre livre sur l’interprétation des dispositions de la convention d’armistice de juin 1940 par les parties en présence. Pouvez-vous nous expliquer en quoi celle-ci fut centrale dans le contexte de la soudaine tension franco-britannique et de quelle façon elle a pesé a posteriori sur l’historiographie de l’événement ?

F.D. : Je vois que vous m’avez lu de près ! Tout part en effet de cet article 8 et des conditions de sa discussion. Il ne peut que braquer les Anglais, et les Français s’en rendent compte immédiatement. Car leurs navires de guerre, alors presque tous en Afrique, sont censés rejoindre leurs ports d’attache du temps de paix, soit essentiellement Brest et Toulon, pour y être désarmés, et immobilisés avec des équipages réduits, sous contrôle allemand ou italien. On a prétendu que ce mot de « contrôle », interprété à l’anglaise, avait indûment affolé Londres et Washington car il aurait signifié un pouvoir de commandement de l’Axe sur les navires. Or aucun document n’indique une telle erreur de traduction et tous montrent que c’est avant tout la convocation desdits navires vers les ports de désarmement qui posait problème, parce qu’ils devaient y arriver tout armés, c’est-à-dire se jeter dans la gueule du loup.

On parle beaucoup de l’exaspération de Darlan vis-à-vis des Anglais, d’ailleurs avec une certaine confusion chronologique : date-t-elle de Mers el-Kébir, ou est-elle antérieure ? Les pétainistes aimeraient bien la faire remonter à la canonnade et ils ont à peu près gagné cette bataille auprès de l’opinion, en influençant aussi beaucoup d’historiens. Or Darlan est ivre de rage contre les Anglais dix jours plus tôt, c’est-à-dire au moment même de l’armistice, et cela pour deux raisons. D’abord parce qu’ils ne signent pas en même temps que les Français et que, comme Darlan ne croit plus en la victoire, il ne peut pas non plus croire que Londres maintienne l’état de guerre pour de bonnes raisons : c’est pour s’entendre un peu plus tard avec l’Allemagne sur le dos de la France ! L’autre raison de l’exaspération de Darlan est plus intime, donc plus facile à dissimuler, et elle avait échappé à tous, moyennant, il est vrai, une grave déformation dans la documentation. C’est qu’il ment lorsqu’il va serinant que l’armistice ne contient « aucune clause contraire à l’honneur ». Sa réaction au reçu de l’article 8 avait été tout autre ! Il avait mené la danse pendant quelques heures au sein du conseil des ministres pour l’orienter vers un refus. A 3h du matin, le 23 juin, il avait télégraphié à ses amiraux : « Les conditions d’armistice seront acceptées si elles ne contiennent rien de contraire à l’honneur ». Et voilà qu’en fin de journée il leur annonce que c’est le cas... alors qu’elles n’ont pas bougé sinon sur des détails et que l’article 8, en particulier, a été maintenu par Berlin avec intransigeance, tout en concédant verbalement que son application pourrait être souple.

Or ce télégramme, dans une publication de 1959 due à Hervé Cras et faisant autorité, a été corrigé ainsi : « Les conditions d’armistice seront acceptées. Elles ne contiennent rien de contraire à l’honneur ». Je suis apparemment le premier qui soit allé vérifier à la source, dans les archives de la marine. Darlan avait donc dissimulé sa stupeur initiale devant l’article 8 et prétendu honorable quelque chose qu’il savait ne pas l’être. Il donne dès ce moment le spectacle d’un papillon épinglé par Hitler et agitant rageusement les ailes.

Car l’article 8 est, en fait, un des exemples les plus nets de la ruse nazie. En se donnant le pouvoir et le droit de convoquer à Brest les quatre navires neufs qui impressionnent toutes les marines du monde, Richelieu, Jean-Bart, Strasbourg et Dunkerque, tout en affirmant solennellement qu’il ne veut pas s’en saisir y compris lors du traité de paix, Hitler induit, à Londres comme à Washington, le désir de voir cette paix de plus près pour vérifier s’il tient parole. Et il réduit Vichy à faire son éloge ! En effet, la capitale provisoire va, après le 3 juillet, pleurnicher auprès des chancelleries en vantant la solidité des « assurances solennelles » données par le bonimenteur de Munich et autres lieux.

Histobiblio : Vous démontrez très bien que Churchill n’était pas aussi résolu que cela à l’épreuve de force avec une France à genoux. A-t-il hésité avant de se lancer dans cette aventure ?

F.D. : Oui et non. Il trace la voie, en parlant d’assaillir les navires pour les empêcher de rejoindre Brest ou Toulon, dès la réception à Londres des conditions d’armistice, le 22 juin. Mais il se heurte à une opposition résolue, tant de Halifax qui veut rompre le moins possible avec Pétain, que de l’amiral Pound qui entend garder des rapports courtois avec ses collègues français. Dès lors Churchill lui-même est disposé à envisager des solutions moins violentes, étant entendu que les navires ne doivent à aucun prix quitter l’Afrique.

Histobiblio : Les pages de votre livre éclairent d’un jour nouveau les rapports entre le Premier britannique et la haute hiérarchie militaire du pays. Comment peut-on raisonnablement qualifier cette relation et en quoi influait-elle sur l’autorité du chef du gouvernement ?

F.D. : J’ai dit et écrit, par exemple en 1993, que Churchill n’était pas mécontent qu’une effusion de sang démontrât à la planète la résolution guerrière de son pays. Je pense avoir affiné cette analyse : elle n’est juste que dans l’après coup. Le sang a coulé et le gouvernement britannique, par la voix de son chef, l’assume hautement en faisant par là même beaucoup de mal à Hitler, comme je vais le montrer. Mais cela n’était pas calculé au moment de donner les ordres. Le premier ministre, ministre de la Défense, avait au contraire laissé toute latitude à son amirauté pour régler le problème de façon dure ou douce, pourvu qu’au soir du 3 juillet le Strasbourg et le Dunkerque fussent durablement immobilisés dans la rade oranaise. Et si le sang français coule, c’est que les exécutants se sont bien mal débrouillés. Ils auraient notamment pu, et de toute évidence c’est à cela que s’attendait Churchill, faire comprendre à l’amiral français Gensoul dès le début de la matinée qu’ils tireraient en tout état de cause s’il leur opposait une attitude de refus -ce qu’il fit, lui, en toute netteté. Dès lors, la simple humanité voulait que Gensoul fît évacuer des navires piégés et indéfendables, à moins qu’il ne voulût prendre toute la responsabilité des décès. Mais il pouvait aussi s’engager dans un processus de négociation, qui aurait débouché sur des « sabotages lourds », une issue permise par les instructions du cabinet britannique. Au lieu de cela, Gensoul refuse de recevoir tout messager anglais et repousse par avance toute demande, ce qui justifierait l’annulation du délai de 6 heures et la prise de dispositions immédiates, du côté anglais, pour couler les navires après un bref ultimatum permettant de les évacuer. En ne le faisant pas et en portant au contraire, sans d’ailleurs l’annoncer, le délai à une dizaine d’heures, on permet aux Français d’espérer que les Anglais ne tireront pas et de prendre des dispositions d’appareillage et de combat, génératrices de tout ce qui va arriver de fâcheux -tant les pertes humaines que le transfert en rade de Toulon, à portée de saisie allemande, du Strasbourg puis, plus tard, du Dunkerque. Les amiraux anglais ont donc tiré par leur faute sur des navires pleins d’hommes et en état d’infériorité. Cela se pardonne difficilement au donneur d’ordre apparent. Jusqu’à nos jours le gouvernement britannique, poussé par la Navy, est sollicité de faire repentance, et j’espère par cette étude contribuer à consolider sa résistance !

Histobiblio : Au-delà du strict antagonisme franco-anglais, quelle a été en cette affaire l’attitude respective des Etats-Unis et de l’Allemagne ?

F.D. : Il ne faut pas croire que Roosevelt prodigue ses encouragements au « jusqu’auboutisme » churchillien. Son soutien à l’action de Mers el-Kébir est le premier signe qu’il en donne, et reste longtemps le seul, que ce soit en public ou en privé. N’oublions pas que sa fameuse correspondance avec Churchill s’interrompt, de son côté, entre le 15 juin et le 13 août, soit au moment, pour Churchill, le plus terrible. Et comme l’Anglais veillait au secret de ces échanges, on ne peut ici invoquer l’excuse électorale. Ce silence devait être glaçant... et l’approbation de la canonnade d’Oran un lumignon d’autant plus précieux dans la nuit noire. Les Etats-Unis donnaient alors l’impression de ne se préoccuper que de leur propre sécurité et ne pouvaient qu’approuver un geste concourant à empêcher un éventuel renforcement des moyens navals de l’Axe : Churchill avait bien vu cela.

Quant à l’Allemagne, son cas est simple à moins qu’il ne soit très compliqué : sa victoire sur la France, si elle est reconnue par tous, lui ouvre les portes du paradis raciste. La conclusion des trois guerres est sans appel : elle a gagné la belle, la puissance militaire française est définitivement brisée, puisqu’elle reposait pour une bonne part sur le choix de la carrière militaire par une grande partie des élites. Sans la moindre perspective de revanche, la quantité et la qualité des candidatures à Saint-Cyr vont chuter radicalement. L’Angleterre, en signant la paix, renonce aussi à quelque chose d’essentiel qui durait depuis des siècles, le contrôle des affaires du continent. Elle est rejetée vers la mer, et vers la domination « blanche » sur les peuples colorés. Reste le monde slave : une Allemagne armée et aguerrie va continuer à le grignoter, en attendant de dénoncer le pacte germano-soviétique à son heure si Staline ne se montre pas assez soumis.

Mais si la paix ne survient pas, le nazi Hitler n’a que deux solutions : soit attendre patiemment que l’Angleterre se lasse et se ruine, soit forcer la décision en attaquant la Russie. Or Mers el-Kébir est, sous cet angle, la pire des nouvelles : le brouillon volontariste qui prétend la maintenir en guerre montre qu’il en a la capacité, par le fait qu’il a réussi à faire exécuter, et approuver par son parlement debout, un ordre inhumain. Mais c’est digne du nazisme, cela ! c’est la première preuve que ce ne sont plus des mollassons qui s’opposent à lui mais bien la « Juiverie » qui s’organise et se donne un leader, décidé à consommer ce qui n’a été fait qu’à moitié en 1918, à savoir la ruine de l’Allemagne. Dès lors l’URSS devient, à terme, dangereuse, car elle pourrait devenir la deuxième pince d’une tenaille « juive », alors que dans son état d’impréparation, et chloroformée par le pacte, elle est une proie tentante.

Il ne faut que quelques jours à Hitler, lorsque se calme la tension anglo-vichyste, pour se décider : il commence le 13 juillet à susurrer à ses chefs militaires qu’il faudra attaquer l’URSS avant d’en avoir fini avec l’Angleterre.

Histobiblio : Merci, M. Delpla d’avoir bien voulu prendre le temps de répondre à nos quelques questions.

Voix de l’auteur à la librairie Dialogues de Brest

une recension dans Histoire pour tous

une autre dans Clionautes

au séminaire d’Edouard Husson

et dans le Petit dictionnaire énervé de la SGM

le 12 décembre 2010



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