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De Gaulle et l’Algérie



Conclusion du livre co-écrit avec Jacques Baumel



Conclusion

Le général de Gaulle ne me semble pas avoir, comme on l’en accuse volontiers, déroulé de 1958 à 1962 une politique algérienne clairement arrêtée dans son esprit dès le début et dévoilée peu à peu au gré des circonstances. Pour achever de le montrer -je ne dirai pas le démontrer car nul ne peut reconstituer avec certitude son état d’esprit-, je partirai d’une confidence faite à Louis Terrenoire en 1955 :

Nous sommes en présence d’un mouvement général dans le monde, d’une vague qui emporte tous les peuples vers l’émancipation. Il y a des imbéciles qui ne veulent pas le comprendre. Ce n’est pas la peine de leur en parler. Mais il est certain que, si nous voulons nous maintenir en Afrique du Nord, il nous faut accomplir des choses énormes, spectaculaires et créer les conditions d’une nouvelle association. Or ce n’est pas ce régime qui peut le faire. Moi-même, je ne serais pas sûr de réussir (et comme j’esquisse un geste de protestation)... mais bien sûr je tenterais la chose .

J’ai moi-même entendu des propos analogues, sans avoir, comme mon ami Terrenoire, le réflexe de les noter le jour même, et, comme lui, j’espérais fort que le retour au pouvoir de leur auteur permettrait de maintenir en Algérie une forte influence française. Ce que je veux donc souligner au moment d’achever cet ouvrage, c’est que de Gaulle fut pour nous tous un pédagogue, qui nous ouvrait les yeux sur le monde tel qu’il était et non tel que nous le souhaitions. Et bien sûr il faisait ce travail d’abord sur lui-même. Il l’a dit cent fois, en privé comme en public, ainsi lors des festivités de la libération de Strasbourg le 23 novembre 1961, au plus fort du terrorisme de l’OAS et juste avant de traiter ses auteurs, en une formule demeurée fameuse, de « soldats perdus » :

Chacun peut s’expliquer, et moi tout le premier, que dans l’esprit et le cœur de beaucoup se soient fait jour l’espoir, voire l’illusion, qu’à force de le vouloir on puisse faire que, dans le domaine ethnique et psychologique, les choses soient ce que l’on désire et le contraire de ce qu’elles sont.

« Dans le domaine ethnique et psychologique » : l’expression résume la difficulté sur laquelle la Quatrième République s’est brisée et que la Cinquième tranche comme un nœud gordien. Les musulmans sont trop différents pour être, en bloc, assimilés, et le vent d’indépendance qui balaie le monde leur rend insupportable l’idée de se passer d’un Etat qui leur soit propre, même si une variété infinie de liens tissés avec la France, et la colonisation, elle-même, rendent difficile et cahotante l’expression de cette conscience nationale en formation. D’où une indécision qui tendait à pérenniser la guerre et à en faire, selon une confidence que de Gaulle fait volontiers dans les derniers mois, un « cancer » qui menaçait de tuer le pays tout comme l’agression nazie trente ans auparavant .

Cependant, s’il ne voyait d’avenir que dans l’indépendance, il n’avait aucune idée du rythme ni du chemin, ni de ce qu’on pourrait au total sauver de présence et d’influence françaises. De ce point de vue, il a bel et bien tâtonné, expérimenté, cherché inlassablement à préserver ce qui pouvait l’être. On l’a beaucoup accusé de n’avoir pas manifesté de compréhension envers les pieds-noirs. Cela me rappelle l’exclamation d’Hermione dans l’Andromaque de Racine : « Je ne t’ai pas aimé, cruel ! qu’ai-je donc fait ? ». Il leur a ouvert mille chemins, en première ligne, au risque de sa vie et sans souci de sa réputation. De ce point de vue, le témoignage le plus éclairant, dont on ne peut dire qu’il émane d’un homme lige, est celui de Pierre Pflimlin. Le dernier concurrent du Général sous la Quatrième avait été son ministre dans la seconde moitié de 1958. Il était revenu au gouvernement pour quelques semaines en avril 1962, avant la démission fracassante des quatre ministres MRP -dont Robert Buron, le négociateur d’Evian- à propos de la construction européenne. Il découvre lors du conseil du 25 avril un de Gaulle très remonté contre les pieds-noirs :

Il déclare : « Les Français d’Algérie voudraient que cela continue, que rien ne change, c’est-à-dire qu’ils puissent continuer à tuer des musulmans. Il faut qu’ils sachent que de toute façon le scrutin d’autodétermination aura lieu le 1er juillet au plus tard et qu’ils n’ont donc plus que peu de temps pour changer de comportement. »

Et Pflimlin de commenter :

Cette froide résolution, où l’on ne peut percevoir le moindre signe de compassion, ne manque pas de grandeur et en tout cas d’efficacité. Si de Gaulle était différent, s’il n’était pas comme un roc au milieu de tant d’hostilités, d’incertitudes, de lâchetés et de trahisons, quelle chance y aurait-il de voir aboutir sa politique qui, malgré ses erreurs de méthode, ses duretés, ses injustices, est fondamentalement vraie ?

Un président démagogue, soucieux de flatter l’opinion majoritaire pour assurer sa réélection, que n’eût-il financé en métropole avec les milliards du plan de Constantine et ceux qu’engloutissait le maintien sur place pendant quatre ans de plus de 400 000 soldats ? Il y a deux lectures possibles de ces mesures : soit un paravent, pour aller résolument depuis le début vers l’abandon du territoire au FLN, et c’est ce dont on accuse de Gaulle dans bien des proses en faisant de lui un Machiavel au petit pied, soit une volonté réelle de donner toutes ses chances à la « solution la plus française ».

Maintenant que nous connaissons tous les dessous ou presque, que les acteurs les plus divers se sont exprimés et que beaucoup de documents sont accessibles, tout observateur de bonne foi doit convenir que de Gaulle a laissé une grande autonomie, à la fois aux pieds-noirs et à l’armée d’Algérie, mais non point certes de grands délais. Ce qu’il a liquidé immédiatement ou presque, c’est le mélange du civil et du militaire incarné par la personne et la politique du général Salan. Mais en la dotant d’un Challe et d’un Delouvrier, arrachés l’un et l’autre à de hautes fonctions européennes, il n’a guère brimé l’Algérie. Lui-même et Delouvrier ont demandé à l’armée de gagner la guerre, sans lui enjoindre de réviser préalablement ses méthodes -et en se gardant bien d’écouter la gauche, politique ou religieuse, qui attendait et exigeait l’abandon rapide de la torture et des camps de regroupement. Le choix des hommes était démonstratif et Debré occupait de plus hautes fonctions que Michelet. Celui-ci agissait quand même et la restauration des droits de l’homme suivait son bonhomme de chemin tandis que la pacification militaire déployait ses grandes orgues.

« La tortue arriva la première »... et le lièvre ne doit s’en prendre qu’à lui-même. Les droits de l’homme ont été rétablis, du moins les principaux : la paix, le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, et, en France au moins, l’état de droit, incompatible qu’on le veuille ou non avec l’état de guerre. Pendant ce temps, les chances de la « solution la plus française » étaient gâchées par ceux-là seuls qui pouvaient lui donner vie. S’il ne leur est rien resté, c’est bien grâce à leur politique du « tout ou rien » et les considérations sur la duplicité du général de Gaulle masquent mal cette évidence. Il faudrait en finir avec cette accusation, somme toute démagogique. De Gaulle a toujours dit, et dès son voyage de juin 1958, qu’il voulait donner la parole aux Algériens et dégager une solution de consensus, sans la préjuger lui-même ni autoriser quiconque à la préjuger en engageant la parole de la France. Si une leçon se dégage de tout ce bruit et de toute cette fureur, c’est bien une leçon de démocratie.

Il y a d’un côté des comportements autoritaires. On lance des formules, Algérie française, intégration, fidélité... et on prie le réel de s’y plier, à grand renfort d’information manipulée, de barricades, de complots et d’assassinats. On n’est pas nécessairement fasciste, même si cette mouvance baigne là comme un poisson dans l’eau, mais tous ceux qui s’opposent à de Gaulle au nom de l’Algérie française en viennent à cautionner les pratiques les plus intolérantes. Ils ne sont pas tous racistes mais tous endossent, bon gré mal gré, la responsabilité de chasses à l’homme où nombre de leurs amis musulmans, harkis ou sympathisants de la France, perdent la vie bien avant d’être exposés aux représailles de l’ALN ou de la foule surchauffée des lendemains d’indépendance. Ils voient le monde en noir et blanc et lorsqu’ils ne traitent pas le FLN de simple bande d’assassins, ils en font, ô combien inexactement, un fer de lance de Moscou en refusant de considérer son attachement à l’Islam, qui est alors moins à la mode que le communisme, soit comme bannière, soit comme bouc émissaire. L’appel du pied aux Etats-Unis est d’ailleurs un tic constant de cette mouvance, et s’il n’est pas suivi de plus d’effet c’est à la fois

-  parce que de Gaulle n’est pas aussi maladroit ou provoquant qu’on le dit parfois dans ses rapports avec la superpuissance occidentale ;

-  parce qu’Eisenhower puis Kennedy parviennent à mater leurs « faucons » et ne s’affolent pas prématurément d’une possible mainmise de l’URSS sur le Maghreb ;

-  et parce qu’un appui des Américains à un Etat algérien dominé par les pieds-noirs serait le plus sûr moyen de jeter le FLN dans les bras du Kremlin, tout en mettant dans une position délicate les fidèles amis de Washington que sont Hassan II et Bourguiba.

Au demeurant l’une des causes principales de l’exaspération des activistes d’Alger contre la Quatrième n’était-elle pas le fiasco de Suez, induit par la désapprobation américaine de l’expédition franco-anglaise ? Il faut donc constater qu’ils manquent de logique en comptant néanmoins sur un soutien de Washington contre le FLN.

En définitive, la marche chaotique vers une solution se fait sous l’égide et avec les méthodes, de mieux en mieux assurées, de la démocratie. Relevons tout d’abord que ce drame incarne le dernier soubresaut d’une lutte de deux siècles ou presque entre l’Ancien régime et la Révolution, et qu’avec notre recul actuel nous pouvons commencer à espérer que ce soit vraiment le dernier. Les nostalgiques du roi ou de l’empereur, et autres cagoulards des années trente en extase devant les dictatures étrangères, avaient leur siège tout fait à Vichy mais certains avaient su résister à cette sirène en un processus où les appels du général de Gaulle jouaient, déjà, un certain rôle. A propos de l’Algérie, il ne faudrait pas se laisser aveugler par la haine meurtrière des gaullistes « déçus du 13 mai ». Elle ne doit pas faire oublier les Français partisans d’un régime autoritaire, moins voyants mais plus nombreux, qui se satisfont que le Général ait établi des institutions stables et se réconcilient, du coup, avec la République et le suffrage universel. Beaucoup d’entre eux auraient aimé que l’Algérie restât française, mais ils comprennent petit à petit que ce n’est plus possible parce qu’il n’y a plus assez de gens décidés à fournir les efforts requis. L’impuissance de l’OAS en métropole est à cet égard un révélateur impitoyable. Elle n’est à l’aise qu’en Algérie, là où existe une menace directe qui permet, en paralysant la réflexion, de faire apparaître la violence comme le seul salut. De même, les velléités de putsch dans l’Hexagone sont de plus en plus poussives et de moins en moins près de se concrétiser, de Résurrection au coup d’avril 1961 en passant par les Barricades. Les extrémistes algérois eux-mêmes deviendront démocrates au moins en paroles, nous pouvons en contempler aujourd’hui encore un parfait exemple avec Jean-Marie Le Pen, un habile rassembleur de voix qui ne parle plus du tout de dictature ou de coup de force et rougirait, du moins je l’espère, en relisant ses discours de l’époque sur le régime politique souhaitable pour la France, qu’il se garde en tout cas de faire rééditer.

« Je vous ai compris » doit donc aussi s’entendre au premier degré. Homme d’Etat, de Gaulle se sent responsable de ce million de compatriotes exposés en position difficile outre-Méditerranée à l’heure de la décolonisation. Il va les choyer et les rassurer mais en aucun cas les flatter. Il condamne d’emblée le désordre, rétablit l’autorité de l’Etat, fait taire des manifestants à la façon d’un professeur et rentrer le « torrent » dans son lit, parle une seule fois, tard et du bout des lèvres d’Algérie française et refuse obstinément la friandise du mot « intégration ». En revanche, il proclame aussitôt l’intégration concrète, à laquelle les pieds-noirs s’opposaient depuis le projet Blum-Viollette et qu’ils ne songeaient même pas à réclamer après leur conversion récente à l’intégration : l’égalité des droits civiques... qui contient, aussi sûrement qu’un programme génétique, l’idée d’autodétermination. Une façon de dire : je vous ai compris, mais comprenez à votre tour que vous n’avez plus une faute à commettre et devez d’urgence trouver un terrain d’entente avec les musulmans, plus concret et plus quotidien que la « fraternisation » facile de quelques manifestations baignées de soleil.

Hélie de Saint Marc a récemment écrit :

Le 13 mai a été, tout de même, un immense espoir. De Gaulle a prononcé des paroles -"Je vous ai compris" ; "A partir d’aujourd’hui, il n’y a plus sur ce territoire que des Français à part entière"- qui nous ont laissé croire qu’une issue était possible : non que nous ayons été des fanatiques de l’Algérie française, mais parce que nous pensions qu’avec de Gaulle, nous n’irions en aucun cas vers un abandon honteux et des abus de confiance analogues à ceux que nous avions connus en Indochine. Vainqueurs sur le terrain, dotés d’un gouvernement fort, à la tête duquel se trouvait un homme qui avait refusé la défaite de 1940, il nous semblait clair que nous allions vers une solution qui ne serait peut-être pas celle que certains espéraient, mais serait en tout cas honorable. Notre obsession, encore une fois, n’était pas d’empêcher l’indépendance de l’Algérie. Elle était d’éviter la trahison de la parole donnée aux musulmans, qui nous avaient fait confiance, et avaient manifesté, par référendum, leur volonté de rester associés à la France, et le déracinement de masse d’une population qui estimait légitimement que cette terre était aussi la sienne .

On ne saurait mieux suggérer que les hommes comme Hélie, qui acceptaient l’idée d’une Algérie indépendante à condition qu’elle intègre dans des conditions décentes ses habitants d’origine européenne et laisse en paix les anciens harkis, se sont laissés entraîner par les « fanatiques de l’Algérie française » tant et si bien que les musulmans et les pieds-noirs se sont dressés de plus en plus les uns contre les autres -un engrenage qui broie inexorablement, dès lors que la violence s’installe dans un pays abritant plusieurs communautés, ceux qui prétendent entretenir des amitiés sans souci des appartenances.

De Gaulle traita les suites de l’affaire algérienne comme naguère celles de l’occupation allemande. Il n’avait pas mis à profit ses fonctions, ni en 1945 ni en 1958, pour promouvoir les résistants de la première heure, qui lui avaient emboîté le pas le 18 juin ou peu de mois après, à des postes pour lesquels ils n’eussent pas été compétents. Il n’avait pas non plus épuré très sévèrement les administrations de Vichy, se contentant, lorsque les décisions dépendaient de lui, de « frapper à la tête » et de punir lourdement les crimes les plus abominables. La gauche dénonçait tant et plus, avant comme après l’indépendance algérienne, le « pouvoir personnel » et l’« Etat UNR », mais tout ce qui intéressait son chef c’est que cet Etat fût obéi. S’il regretta, pendant que les armes crépitaient contre les représentants mêmes de la loi, l’indulgence des tribunaux et la rareté des peines capitales, il fut lui-même rapidement porté à l’indulgence quand le pays eut tourné la page. L’amnistie de juin 1968, à l’occasion d’une nouvelle crise nationale, avait été précédée de nombreuses mesures allant dans le même sens : seuls Salan et Argoud étaient encore à Tulle. Il fallut attendre François Mitterrand pour que ces messieurs vissent, en 1982, leurs carrières reconstituées et leurs décorations rendues, ce qui allait un peu loin dans l’autre sens, mais la famille du commissaire Gavoury était sans doute moins influente que celles des ex-futurs galonnés.

De Gaulle n’entendait pas donner raison après coup aux comportements déviants, mais tourner ses compatriotes vers l’avenir sans priver la France d’aucune compétence. Les motifs des insurgés, écrit-il dans les Mémoires d’espoir, « n’étaient pas tous de bas étage ». Ce qui signifie qu’ils n’étaient pas tous non plus du meilleur aloi. La formule rend hommage aux sentiments de patriotisme, de courage et de fidélité déployés par les desperados de l’Algérie française, sans en faire des modèles.

L’évolution ultérieure de l’Algérie et celle du monde, notamment au Moyen-Orient, devraient revaloriser, aux yeux des hommes de bonne volonté et de bon sens, la performance du Général. En a-t-on vu, un peu partout, des cessez-le-feu précaires, efficacement sabotés par les extrémistes ! Tout en échouant dans la politique d’association, du moins a-t-il obtenu la séparation en limitant l’effusion de sang... et c’est bien pour cela que ses adversaires ont tendance à gonfler le coût humain de l’opération, en exagérant non seulement les troubles mais leur immédiateté, comme si on avait livré le pays à une horde sanguinaire : mais dire cela, au fond, n’est-ce pas avouer qu’on n’a rien appris depuis la Toussaint 1954 et qu’on fait un crime aux pays sous-développés, aujourd’hui comme autrefois, de vouloir devenir des nations ?

le 6 janvier 2009



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