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Churchill et les Français, chapitre 11



La catastrophe (10-15 mai)



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QUATRIEME PARTIE

L’EPREUVE DU FEU

Chapitre 11

La catastrophe (10-15 mai)

LE DEVELOPPEMENT de l’attaque allemande ne peut être relaté ici en détail. Cependant, un document peu connu va nous permettre à la fois d’en suivre dans ses grandes lignes l’inexorable déroulement, et de savoir ce que les gens informés, à Paris, en savaient. Il s’agit des notes prises par Paul-Boncour à la suite des réunions d’information qui avaient lieu tous les jours vers 20 heures au quai d’Orsay :

10 mai : 1 heure du matin.- L’attaque allemande se déclenche, pénètre en Belgique, Hollande, Luxembourg. En France, bombardement des voies ferrées, usines, aérodromes. Dans le Luxembourg, des troupes allemandes traversent, atteignent lisières ouest et sud de Wasserbillig, etc. En Hollande, des parachutistes s’abattent sur Rotterdam. En Belgique, sur le canal Albert, le fort d’Etlen Ammel (sic) tombe. Un pont est occupé par les parachutistes venus de l’arrière - canal franchi.

Mais vers Anvers, Liège, Bruxelles, Namur, l’armée française monte.

11 mai.- La Hollande résiste. On résiste sur la Meuse, l’Yser, la Peel. Trahison et parachutes : des effectifs se sont installés dans le triangle La Haye, Rotterdam, Amsterdam.

En Belgique, les Allemands poussent.

Pourtant, l’armée française est en avance, horaire satisfait et dépassé. L’armée Giraud et ses motorisés atteignent Berg-op-Zoom.

On se battra sur la ligne Anvers-Namur-La Dyle. En France, la célérité de l’avance allemande vers l’Ardenne belge fait supposer que l’armée Corap va recevoir le choc.

12 mai.- Attaques aériennes intenses sur les routes et voies ferrées de Belgique sud. Les Allemands avancent. Les Français s’installent. On se battra sur la ligne Wavre-Gembloux.

L’armée Corap continue de pivoter pour s’installer derrière la Meuse. Les Allemands l’ont atteinte au sud de Namur.

13 mai.-Angoisse ! Depuis le sud de Sedan, les Allemands bordent la Meuse. Ils l’ont franchie ! Trois têtes de pont, la troisième au bois de la Marfée, près de Sedan. La Hollande est perdue. Les Allemands ont pris Eindhoven, menacent Breda. Demain, les parachutistes allemands du triangle et l’infanterie de la ligne de bataille se rejoindront.

14 mai. - La Hollande a capitulé.

Contact est pris en Belgique sur la ligne Wavre-Gembloux. On se bat sur la Meuse. Attaques et contre-attaques.

15 mai. Toute la ligne de la Meuse est tombée, l’armée Corap en déroute. Fuite. Prisonniers. Entre l’armée Huntziger, qui tient la région de Sedan, et le groupe des armées du Nord, brèche irrémédiable. Blindés et motorisés allemands poussent dans la brèche. Le soir, leurs avant-gardes sont à Montcornet, sur l’Aisne.

16 mai.-Vers les ponts de la Meuse, désormais entre leurs mains, les divisions allemandes se concentrent. Blindés et motorisés ne les ont pas attendues. Stratégie nouvelle se révèle : plus de lien entre ces forces avancées et les gros de l’infanterie. Il y a deux armées : une armée à moteur et une armée à pied, chacune marche à son rythme (de Gaulle).

17 mai.-Les Allemands, ayant percé à Sedan, exploitent la poche à une allure folle. Attaquent fortement en Belgique. L’obstacle antichar est franchi à Braine, au nord-ouest de Nivelle.

À l’ouest de la Meuse, les Allemands se détournent de Paris, négligeant Reims, effleurant Laon. Course à la mer pour menacer l’Angleterre et encercler les armées du Nord. Sedan ! Cannae ! [...]

On n’a pas seulement affaire à un spécialiste, ancien ministre de la Guerre, mais aussi à l’un des disciples du colonel de Gaulle, lecteur de ses livres et de son Mémorandum. Il est apte à saisir d’emblée la situation dans toute sa gravité, à voir que l’ennemi ne progresse pas grâce à un heureux coup du sort, ni au manque de courage de l’adversaire, mais en vertu d’une supériorité de conception. Comme Annibal à Cannes. Et comme Moltke en 1870, lors du premier désastre de Sedan.

Ces conférences sont faites par Bobin, journaliste mobilisé, qui fait la liaison entre l’état-major et le ministère des Affaires étrangères. Si les réflexions qu’en tire Paul-Boncour sont plus pénétrantes que bien d’autres, en revanche les informations dont il dispose sont le lot commun de tous les responsables d’un certain niveau - et montrent que Reynaud lui-même, toujours installé au quai d’Orsay, n’est pas aussi sous-informé qu’il s’en plaindra plus tard.

La recherche historique la plus récente confirme les grandes lignes de ce tableau. Sur le détail, il faut seulement noter qu’on ne croit plus aujourd’hui au couple « trahison-parachutes », nom sous lequel figure ici le mythe obsédant de la « cinquième colonne ». Hitler, qui n’était pas fou, n’avait pas pris le risque, pendant la drôle de guerre, de recruter dans les quatre pays agressés le 10 mai des agents destinés à faciliter la marche de ses armées, et dont l’inexpérience au contraire, dans une France en état de guerre ou chez des neutres inquiets, aurait alerté les plus myopes des fonctionnaires du contre-espionnage. Aurait-il alors recruté ces agents encore plus tôt ? C’eût été tout aussi stupide, puisque pour un gain fort aléatoire il aurait risqué à tout moment d’anéantir le savant écheveau diplomatique fondé sur son « désir de paix » et sur le fait que sa revendication du jour était chaque fois la dernière.

On peut en trouver la preuve par l’absurde dans un ouvrage est-allemand de 1970, attaché à démontrer, suivant une règle canonique de l’historiographie soviétique, l’existence d’une planétaire « cinquième colonne », d’essence capitaliste. Son auteur, Julius Mader, publie sous le titre « agents en France » la confession d’un chef de l’Abwehr, le service allemand d’espionnage, qui démontre qu’en France, pendant toute la période ici considérée, l’Allemagne s’efforçait péniblement de faire fonctionner des moyens vieux comme la guerre, avec pour toute ambition le renseignement, et nullement le sabotage :

Les informations que nous retirâmes de nos agents et des voyageurs revenant de France furent très satisfaisantes jusqu’au début de la guerre, ensuite il y eut un long passage à vide [...] Pendant assez longtemps, notre état-major ne put rien savoir sur la disposition des forces françaises.

Ce n’est qu’à la fin de 1939 et au début de 1940 que les renseignements recommencèrent à nous parvenir. Au début de notre offensive de mai 1940, ils étaient de nouveau satisfaisants [...]

Il n’était pas question de parachuter des agents en France, car le passage clandestin de la frontière était encore possible et le parachutage dans une zone militaire n’aurait eu aucune chance de succès en raison de la très grande quantité de troupes.

Après l’armistice, il devint possible de cacher les sections officielles de l’Abwehr aux autorités et à la police françaises 2.

Ces lignes ont été confirmées par la consultation des archives. En revanche, aucune manifestation de la « cinquième colonne », entendue non comme une sympathie idéologique envers le nazisme mais comme un passage à l’acte, n’a résisté à l’examen historique, du moins en France. Mais cette légende, dont même le vieux routier Paul-Boncour se révèle contaminé, avait alors une solide réalité dans les esprits, et l’armée allemande était bien aise qu’elle se répande, aggravant la panique - avant que Hitler tente désespérément d’y mettre un coup d’arrêt au mois de juin, pour rassurer les États-Unis (cf. infra p. 500). De même, les parachutistes sont souvent présentés, dans la presse et la propagande alliées, comme des isolés, volontiers revêtus d’habits ecclésiastiques féminins et se mêlant aux foules de réfugiés pour les entraîner aux abîmes, comme le preneur de rats de la célèbre légende. La base réelle de tous ces fantasmes, c’est que la Wehrmacht n’innove pas seulement en matière de divisions blindées, mais rode aussi la technique des attaques aéroportées, permettant à des parachutistes en tenue réglementaire de s’emparer de certains ponts intacts et, surtout, de quelques ouvrages réputés « imprenables » comme le fort d’Eben-Emael, verrou de la défense belge, investi le 10 mai et réduit le 11.

Un thème voisin de celui de la trahison est celui de la débandade. Entre les deux une passerelle, la Troisième Internationale ; à « Staline allié de Hitler » correspond le slogan de « l’armée rongée par le communisme3 ». Les bruits les plus fous s’emparent des cerveaux, suivant leurs prédispositions. L’esprit de caste de certains militaires s’en mêle : à tout prix, dégager la responsabilité du commandement. Bullitt en arrive à intoxiquer Roosevelt en lui télégraphiant le 17 qu’

un régiment de chasseurs, composé de communistes de la banlieue parisienne, s’est mutiné il y a trois jours, s’est emparé du centre vital de Compiègne sur la route de Paris et le tient toujours, au nombre de 18 000 hommes. Je suis informé qu’ils seront attaqués par des forces aériennes et des chars, ce soir 4.

Le Président des États-Unis, lui, est « informé » que les choses vont encore plus vite qu’en 1870-1871 : il n’y a pas encore d’armistice, et c’est déjà la répression de la Commune ! Au passage, on multiplie par dix l’effectif d’un régiment de l’armée française. Là aussi, la légende se greffe sur un lambeau de réalité : les 14 et 15 mai des éléments de la Neuvième armée, dispersés par le choc des blindés sur la Meuse et nullement repris en main, errent un peu partout, notamment dans la région de Compiègne ; leur regroupement et leur réaffectation, lorsqu’on s’en souciera, ne susciteront aucune velléité de désobéissance.

À Londres, comment pouvait donc apparaître cette situation ? Avant d’envisager le point de vue anglais je suggère de prendre, grâce à Girard de Charbonnières, le pouls de l’ambassade française, informée des combats par l’attaché militaire, le général Lelong. Il nous aide à discerner ce qui, dans l’optimisme de Gamelin, lui appartenait en propre, c’est-à-dire la foi en une contre-offensive foudroyante par la Hollande, et ce qui était plus largement partagé dans les milieux militaires : l’idée que les Allemands allaient regretter et payer leur audace dans des délais peu éloignés :

Notre attaché militaire vint nous voir dans la matinée. Le général Lelong avait toujours été amène et souriant mais, ce 10 mai, il rayonnait : « Enfin ça y est, nous dit-il, ils sont sortis de leurs trous et s’offrent enfin à découvert. Nous étions, bien entendu, archi-prêts et nos plans ont été aussitôt mis en application. Ils ne prévoyaient pas la montée jusqu’en Hollande et je ne suis pas sûr que les éléments que nous y avons déjà fait progresser ne doivent pas très rapidement se rabattre sur la ligne Anvers-Namur que nous entendons tenir. Mais nous devions nous manifester ne fût-ce qu’à titre symbolique aux Hollandais. Ces derniers ont été pris complètement au dépourvu et sont déjà pratiquement hors de combat. »

Comment, profane que j’étais, n’aurais-je pas partagé cet optimisme ? Les dépêches qui apparaissaient sur notre « ticker » annonçaient bien l’écroulement de la Hollande, mais elles faisaient en même temps ressortir la facilité avec laquelle les armées françaises avaient pénétré en Belgique afin d’y occuper des positions prévues de longue date. Je m’attendais, comme tous ceux avec qui je m’entretins ce jour-là, à une grande bataille sur la ligne prévue et, d’après tout ce que j’entendais de la part de nos experts, le résultat n’en pouvait être envisagé qu’avec confiance [...]5.

Paul-Boncour et Girard de Charbonnières aident à mesurer ce que fut la surprise de Sedan. L’optimisme de Gamelin avait fait tache d’huile, alors que les doutes de Georges restaient ignorés, lui-même faisant « comme si ». Tout le monde attendait sur la Dyle le choc principal. La surestimation du commandement français n’avait d’égale que le mépris moqueur dans lequel on tenait Hitler. Après huit mois de drôle de guerre, on jugeait la preuve faite qu’il ne se sentait pas de force pour une attaque d’envergure et qu’il allait se donner, après l’Autriche, la Tchécoslovaquie, la Pologne et la Norvège, de nouveaux adversaires faciles comme la Hollande, et à l’extrême rigueur la Belgique. Cette myopie, ne l’oublions pas, était partagée par de Gaulle et aussi par celui qui, dans sa génération, apparaissait comme le plus complet et le plus brillant, Jean de Lattre de Tassigny : le commandant de la 14e division d’infanterie, alors en réserve dans la région de Lunéville, espérait bien que les forces situées plus près des Pays-Bas suffiraient à la tâche puisqu’il n’annule que le 12 mai la permission qu’il devait passer, en ce printemps, auprès de son épouse6. Mais il faut aussi noter la réticence des officiers allemands eux-mêmes et leur extrême surprise devant le succès de l’attaque, mis à part les fanatiques de l’arme blindée qui formaient une armée dans l’armée. Le modèle de 1914-1918 dominait les esprits et il n’y a rien, là, d’étonnant.

L’offensive apparaît comme une chose difficile, coûteuse, risquée, vite décevante. Pour s’attendre à ce que Hitler, victorieux en Norvège, cherche dans les Pays-Bas autre chose qu’une poussée graduelle et joue soudain le tout pour le tout, il faudrait non seulement une parfaite conscience des possibilités nouvelles de l’arme blindée, mais une solide réflexion politique, apte à discerner la spécificité du nazisme et les priorités d’un chef qui, prisonnier de son programme, ne peut se permettre ni militairement ni idéologiquement un trop long flirt avec Moscou, et doit, en mettant au plus vite la France hors de combat, dissuader Londres et Washington de contester ses gains. Le bourrage de crâne de la drôle de guerre, accréditant la thèse qu’il avait peur d’attaquer et l’idée de sa réconciliation profonde avec la Russie soviétique, est responsable du désastre à un degré plus haut que la disposition des forces sur le terrain. Ce qui n’excuse d’ailleurs pas le haut commandement, qui avait beaucoup contribué à diffuser l’idée d’une durable « association germano-soviétique 7 ».

Il faut dire aussi que Hitler était assez bien renseigné et, surtout, très attentif aux dispositions politiques et militaires de l’adversaire. Depuis ses débuts, il était passé maître dans l’art d’observer les cartes de l’autre et de jouer en fonction d’elles. Le dispositif allié eût-il été différent, il y aurait probablement trouvé une faille. Ce qui manquait surtout en face, c’était, comme de Gaulle le sentait, une direction de la guerre animée par un stratège qui eût cherché lui-même à voir clair dans les intentions de l’ennemi et à prévoir des parades dans toutes les hypothèses. C’est exactement ce dont le désastre de France va accoucher, en la personne de Winston Churchill.

Les circonstances en effet ne hissent aucun des dirigeants français au-dessus de lui-même. Daladier poursuit obstinément ses intrigues politiciennes. Le 11, il contraint le général en chef, il est vrai peu farouche, à écouter pendant des heures ses griefs contre Reynaud, et lui révèle comment il a comploté de le renverser8 - projet qu’il croit toujours d’actualité si les opérations allemandes ne visent que les Flandres. Lorsque la surprise de Sedan pulvérise cette espérance, il se fait l’un des principaux relais des accusations anticommunistes et recherche, plus que jamais, l’amitié de Mussolini qu’il cultivait déjà en se rapprochant de Laval. Poursuivis jusqu’au début de juin, ces efforts montrent que notre homme n’a pas renoncé au pouvoir et se pose, comme va le faire un peu plus tard Pétain, en protagoniste d’une solution de rechange à Reynaud, trouvant son centre de gravité loin vers la droite et dans l’anticommunisme son inspiration principale.

Mais Reynaud continue, de plus belle, à chasser sur les mêmes terres. Le 12 mai, apprenant que Daladier est parti pour la Belgique régler la question du commandement interallié, il décide immédiatement de s’y rendre lui-même et n’y renonce que parce qu’il « serait matériellement impossible d’arriver à temps9 ». Lorsqu’il confie l’Intérieur à Mandel le 18, après avoir proclamé que la peine de mort sanctionnerait toute défaillance10, c’est pour le laisser poser au jacobin coupeur de têtes, sans lui en accorder les moyens. Les actes, qui tardent à venir, rassurent ceux qui pourraient craindre ce langage. Ils se limitent à quelques changements d’hommes, où on lit moins la volonté de redresser la situation que celle de survivre à un armistice jugé proche. En Mandel l’ombre de Clemenceau est invoquée, non ressuscitée.

Gamelin et Georges, enfin, achèvent le désastre en y réagissant tout deux très mollement, en s’avouant vaincus dès le soir du 13 lorsqu’il s’avère que la Meuse est franchie11. Ce qui, quelle que soit l’excellence du coup allemand, apparaît prématuré, et contraire à toutes les leçons. Il y a toujours quelque chose à sauver, même si tout le monde n’est pas Napoléon qui disait à Marengo : « La bataille est perdue mais il est peut-être temps d’en gagner une autre ». Connaissant Hitler et son besoin de paix immédiate, il y avait ce 13 au soir mille moyens de faire durer les choses d’une manière, pour lui, mortelle. Ce qu’on fera, d’ailleurs. À Dunkerque et sous l’impulsion très personnelle de Churchill.


1 Op. cit., p. 197-198. L’auteur ne précise pas, hélas, dans quel délai avait lieu la rédaction des notes. Certains passages montrent qu’elle était parfois postérieure d’au moins une journée.

2 Notes du général de l’Abwehr Hans Piekenbrock (1893-1959) remises à Julius Mader en 1955 et confrontées par lui aux archives, in Mader, Les généraux espions d’Hitler déposent, tr. fr. Hachette, 1973, p. 46.

3 Propos téléphoné à Herriot par un « colonel appartenant au GQG » le 16 à 4 heures : Kammerer, op. cit., p. 23.

4 Cité par Shirer, La chute de la troisième République, New York, 1969, tr. fr. Stock, 1970, p. 707.

5 Girard de Charbonnières, op. cit., p. 239-240.

6 Jean de Lattre, Ne pas subir, plon, 1984, p. 204.

7 Cf. Papiers secrets..., op. cit., p. 153-157.

8 Ibid., p. 212.

9 Villelume, op. cit., p. 333.

10 Le Petit Parisien, 17 mai 1940.

11 Cf. Papiers secrets..., op. cit., p. 221, et Jacques Minart, P.C. Vincennes secteur 4, Berger-Levrault, 1945, t.2, p. 138-146. chapitre suivant

le 3 janvier 2009



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