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Hitler homosexuel ?



chapitre 13 des "Tentatrices" intitulé "Les hommes ?"



La Face cachée d’Adolf Hitler : ainsi s’intitule la traduction française d’un livre récent qui présente le Führer comme un homosexuel1. On espère avoir convaincu le lecteur qu’une telle face existe bel et bien, même si elle est assez différente puisqu’elle est faite de ses liens à l’univers féminin, souvent ignorés et, quand on les mentionne, presque toujours sous-estimés, dans leur nombre, leur intensité et leur portée. Cependant, le livre de Lothar Machtan a le mérite de brasser un grand nombre de sources et son apport n’est pas négligeable.

Certes, l’affirmation centrale suivant laquelle Hitler avait eu, surtout avant la prise du pouvoir, des rapports physiques avec de nombreux hommes et vivait dans la terreur que le public ne l’apprît, est irrecevable. Pour l’étayer, l’auteur retient les informations qui paraissent aller dans son sens, jette les autres sans état d’âme et fait parler les documents sous la torture. Le tabou de l’homosexualité a le dos très large. Chaque fois qu’il est question d’un secret que Hitler étouffe, ce serait celui-là. Si les sources ne sont pas plus explicites, c’est que les informateurs taisent leur propre homosexualité pour protéger leur réputation, la paix de leur ménage ou la tranquillité de leurs descendants...

En fait, ce livre démontre très bien la thèse inverse de la sienne : si une telle accusation, souvent avancée de son vivant, n’est encore aujourd’hui appuyée que sur des rumeurs et des insinuations émanant d’adversaires ou de victimes politiques, si après des recherches exhaustives (de ce point de vue, le travail est irréprochable) on ne peut trouver que des témoignages ou des écrits affirmant par déduction ou par ouï-dire l’homosexualité de Hitler sans que le moindre individu déclare en avoir été témoin ou partie prenante, on peut en déduire soit que sa vie sexuelle, quels que fussent ses désirs, était dépourvue de tout passage à l’acte (une thèse courante, défendue notamment par Thomas Mann et Ernst Hanfstaengl1), soit qu’il était tout bonnement hétérosexuel.

Pour cerner les limites de la démonstration de Machtan, arrêtons-nous sur son document le plus précis : une déclaration de Hans Mend, qui avait côtoyé Hitler pendant la Grande Guerre. Son livre de souvenirs sur ce sujet, publié en 1931, était non seulement vierge de toute affirmation de ce genre mais avait eu, pendant quelques années, les faveurs du NSDAP, qui s’en était servi pour sa propagande. L’auteur était tombé ensuite en disgrâce et, avant de mourir en prison le 14 février 1942 (vers la fin d’une peine de deux ans infligée à la fois pour calomnies envers le Führer et petits délits sexuels), avait, en décembre 1939, alimenté les milieux résistants en anecdotes tant sur le comportement de Hitler au front que sur ses débuts politiques. Comme par hasard, il est aussi l’un de ceux - encore plus rares - qui l’accusent d’avoir été communiste au lendemain de la guerre avant d’opter pour l’autre extrême, devant l’échec de la révolution. Cependant, si de cette dernière appartenance Mend se prétend témoin oculaire, pour justifier de ses mœurs il invoque seulement le point de vue d’un tiers : une nuit où le groupe dont Hitler et lui faisaient partie dormait dans le foin, un autre soldat serait allé débusquer, d’un coup de lampe de poche, l’intimité du futur Führer et de son ami Ernst Schmidt1. « Regardez un peu ces deux pédés ! » aurait dit le compagnon, et Mend commente : « Mais ça ne m’intéressait pas beaucoup. » Pas au point, en tout cas, qu’il se fît décrire plus avant la scène ou se levât pour la contempler lui-même. Aucun renseignement solide n’est donc à tirer de ce récit, dont on peut seulement conclure que Mend, après avoir accepté un rôle de témoin hagiographique, avait servi d’informateur aux antinazis qui s’étaient arrangés pour tirer de ses propos le plus possible d’éléments à charge contre le Führer2, en vertu des canons politiques et moraux du moment. Machtan n’a même pas le réflexe élémentaire de se demander si, dans un témoignage noté au début de la guerre, peu après le pacte germano-soviétique, traitant Hitler de communiste précoce et recueilli par des gens qui veulent lui faire un procès, le besoin politique prend ou non le pas sur la rigueur historique.

Non content de fantasmer les félicités charnelles de son personnage, cet auteur lui fait partager la couche d’une foule de gens dont le goût pour les hommes n’est pas mieux établi, de Kubizek à Schaub en passant par Hess et le déjà nommé Hanfstaengl. Or il y avait un homosexuel avéré dans l’entourage du Führer3, et c’est là que l’affaire devient intéressante. Il s’appelait Ernst Röhm et Hitler lui-même avait mis ses mœurs en avant pour justifier son meurtre brutal et celui d’un certain nombre de ses proches, lors de la nuit des Longs couteaux. Les victimes les plus nombreuses étaient des cadres de la SA et Hitler décréta la mise en veilleuse de cette milice qui tenait jusque-là le haut du pavé, au profit des SS d’une part et de l’armée régulière d’autre part (cf. supra, p. 172). Machtan considère cette histoire par le petit bout de la lorgnette mais il donne des détails éclairants. Röhm avait été proche de Hitler mais s’était aussi brouillé avec lui à plusieurs reprises. Ses préférences affectives défrayaient la chronique, notamment de gauche, et le Führer, en diverses occasions, l’avait défendu. Il donnait alors l’impression de vouloir, lorsqu’il serait au pouvoir, établir une tolérance plus grande encore que celle de la république de Weimar, qui avait laissé Berlin devenir un havre de liberté morale comparable à ce que devait être San Francisco quarante ans plus tard. Les jours de l’article 175 du code pénal, qui réprimait l’homosexualité, semblaient comptés.

Le fait qu’au contraire, après avoir, de manière provocatrice, promu Röhm au rang de ministre, Hitler le liquide en faisant croire qu’il préparait un putsch tout en frappant aussi la droite non nazie en les personnes de ses deux prédécesseurs Schleicher et Papen (ce dernier finalement épargné, mais privé de ses plus proches collaborateurs), est d’un grand profit politique. Il compromet les élites traditionnelles, puisqu’elles se laissent tuer d’éminents représentants et bénissent un serial killer en échange de la disparition du débraillé politique et moral des SA. Il compromet tout particulièrement l’armée puisqu’il avait poussé les chefs militaires à souhaiter l’élimination de Röhm : dès lors qu’ils se félicitent, et le félicitent, du résultat en ne critiquant pas un instant la méthode, ils se déshonorent.

Tout cela était connu (même si c’est encore assez peu reconnu, la présentation de la nuit des Longs couteaux comme une lutte de classes faisant toujours florès). En revanche, le côté sexuel de l’affaire n’avait jamais été, à ma connaissance, aussi bien éclairé. Machtan montre de manière convaincante que Hitler s’est servi de l’homosexualité comme d’un instrument de pouvoir. Il est loin d’avoir, comme on le croit trop souvent, traqué les homosexuels pour les mettre dans des camps avec un triangle rose. Cela n’a été le sort que d’une partie d’entre eux, eussent-ils été bien connus de la police ; la répression des uns, à partir de juin 1934, n’était qu’un moyen d’obtenir la docilité des autres, nazis ou non.

Ce qui échappe en revanche complètement à Machtan, comme à Ron Rosenbaum1 avant lui, c’est la courte vue des journalistes de gauche, qui s’imaginaient qu’en développant autour du nazisme un parfum de scandale, ils allaient faire baisser son audience. Du moment que Hitler n’est pas réductible à la crapulerie, qu’il ne joue pas un jeu personnel mais prend réellement en main, certes à sa façon, les intérêts de l’Allemagne, ce genre d’attaque peut conforter (de manière précaire et révocable) l’hostilité de ceux qui lui sont déjà hostiles, mais non lui faire de nouveaux ennemis. Pis, ce dénigrement d’au-dessous de la ceinture qui est, dans le jeu politique courant, une imprudente facilité, devient avec Hitler une naïveté suicidaire puisque précisément c’est lui qui tire les ficelles, sans se faire remarquer. Le scandale est son élément et, jouant toujours avec de nombreux coups d’avance, il sait faire concourir à ses objectifs les ingrédients les plus divers.

Il en va de sa prétendue homosexualité comme de l’incendie du Reichstag, avec une légère différence : dans le cas de l’incendie, Hitler, coupable mais maître du pouvoir et suffisamment malin pour faire disparaître les traces, étale sa puissance et son absence de scrupules sans qu’on puisse le confondre. En revanche, il peut laisser courir l’accusation d’homosexualité, proférée par des militants bien intentionnés depuis le début des années 1920, puisque les accusateurs font fausse route et ne risquent pas de prouver quoi que ce soit. Mais dans les deux dossiers, il induit lui-même, semble-t-il, l’adversaire en erreur. C’est évident dans le cas du Reichstag où Göring en personne fait remarquer à la presse (les journaux communistes, en particulier, vont foncer dans le panneau) qu’un commando d’incendiaires a pu passer par le souterrain du chauffage, lequel communique avec son propre palais de président du Reichstag ! C’est probable dans le cas du malheureux Mend : la drôle de guerre est une période où la Gestapo désinforme jour après jour les oreilles ennemies pour faire croire que le dictateur se débat dans des difficultés qui minent son pouvoir. Hitler joue avec son ancien camarade de tranchées comme le chat avec la souris, en lui faisant d’abord écrire un livre hagiographique puis en faisant semblant d’avoir peur de ses révélations.

Mais le plus intéressant peut-être, ce sont les quelques pages que l’auteur consacre aux relations féminines de Hitler. Il est le premier à repérer le remue-ménage affectif qui s’opère dans les mois suivant la mort de Geli1. Aveuglé par ses prémisses, il estime qu’en s’entourant de jolies femmes, Hitler allume un contre-feu pour détourner l’attention du public de son homosexualité comme pour se mentir à lui-même2. Il affecterait devant ses admiratrices

[...] l’abnégation d’un don Juan potentiel, qui renonce à la réalisation de son amour pour obéir à une plus noble vocation. Il avait élaboré, pour camoufler son refus instinctif de tout contact physique avec une femme, une technique des plus persuasives, destinée à le présenter comme un homme capable d’aimer et que les femmes pouvaient, à juste titre, trouver séduisant. On ne saurait surestimer le surcroît d’assurance que Hitler tira de cet artifice théâtral, qui manquait rarement son effet sur autrui.

Ainsi, l’historien le plus acharné à nier que Hitler ait été attiré par les femmes est amené à reconnaître qu’il trouvait auprès d’elles une grande assurance.

Les hommes, certes, comptent dans sa vie. Il sait les enflammer, les retenir, leur inspirer des sentiments vifs et stables sur lesquels il bâtit sa puissance. Mais il n’a pas le même besoin charnel de leur présence et de leur proximité. Il n’a pas non plus tendance à les rechercher comme partenaires érotiques et semble bien plutôt, à cet égard, être ce qu’on appelle aujourd’hui un homophobe - même s’il avait pu, vis-à-vis de Röhm, faire preuve d’une tolérance tactique. Peut-être aussi était-il intrigué, et poussé à l’indulgence, par la place que tenait la camaraderie virile dans les sociétés militaires à travers l’histoire, ou encore par celle de l’homosexualité dans l’Athènes classique... En tout cas, c’est sans surprise, du moins en ce qui le concerne, que nous lisons, chez Leni Riefenstahl, le récit d’une conversation de 1932. Juste après les tristes élections du 6 novembre, Goebbels, rencontré dans un train, lui confie que, si Hitler déteste l’homosexualité, lui-même a une position plus nuancée. Il avait d’abord cherché à lui confier ses lourds soucis politiques :

Voyant que je n’y comprenais rien, il changea de sujet et se mit à aborder le thème de l’homosexualité, ce qui ne manqua pas de me surprendre. Il tenait à me dire que Hitler avait une aversion extrême pour les hommes homosexuels, mais que lui-même était plus tolérant et ne les condamnait pas tous de la même manière. « Mon opinion, lui dis-je, est que toutes les personnes des deux sexes possèdent et présentent des dispositions à la fois féminines et masculines, en proportion variables ; que cette bisexualité originaire se manifeste de façon sans doute plus marquée chez les artistes ; et que de toute façon cela n’a rien à voir [...] avec des histoires de faute [...]. » À mon grand étonnement, Goebbels me donna raison.

Loin de contredire ces informations, le journal de Goebbels permet une constatation amusante : le jeune marié qui, d’ordinaire, n’hésite pas à nommer Leni Riefenstahl, lui donne ici un pseudonyme masculin, après quoi il la désigne sous le vocable d’« être humain » (Mensch). Cela tient peut-être au fait que, d’habitude, il la rencontre en compagnie de Magda ou tout au moins pour des raisons professionnelles, alors que, cette fois, ils font tout un voyage non prévu (du moins de son côté à elle) entre Berlin et Munich, et qu’il s’invite dans son wagon-lit : elle l’a, écrit-elle, aperçu dans le couloir tandis qu’elle fermait la porte.

Vers Munich. Longuement conversé avec Monsieur Neige (Herr Schnee). Un être à part, énigmatique. Bourré de sous-entendus et d’aspects grotesques. Mais de nouveau sympathique. Voyagé avec jusqu’à Munich. [...] Arrivé mort de fatigue.

Nous avons déjà évoqué (cf. supra, p. 155) cet épisode en examinant le rôle de Leni dans l’atténuation des angoisses hitlériennes en ce moment de doute. Quant à Goebbels, qu’elle décrit très déprimé avant que le discours de Hitler à la Sterneckerbräu ne lui « inverse sa spirale dépressive », il avait sans doute envie de se changer les idées. Elle ne dit pas qu’il ait essayé d’obtenir ses faveurs, alors qu’elle le dit sans ambages en d’autres occasions. Il est vrai que c’était leur première rencontre en tête à tête et qu’il était peut-être, dès le début, en mission pour Hitler - qui est alors lui-même dans une phase délicate et fait en sorte (selon toute apparence) que Goebbels amène Leni à assister, pour la première et la dernière fois, à une réunion interne du parti. Quoi qu’il en soit, le fait d’aiguiller la conversation sur la sexualité peut sans doute être interprété, sinon comme une avance, du moins comme une approche. Les vues de Leni sur l’homosexualité n’avaient sans doute rien pour le séduire (lui qui, peu d’années auparavant, trouvait « féminin » Siegfried Wagner, et cela n’avait pas l’air d’être un compliment). C’est de toute évidence par politesse, et pour ménager l’avenir, qu’il lui avait donné raison, tout en pensant in petto que ses idées étaient « grotesques ». De même avait-il abordé le sujet, probablement, pour essayer de savoir si elle-même était lesbienne. La réponse l’avait laissé à cet égard dans une grande perplexité : c’est sans doute ce qu’il faut entendre quand il juge « bourrée de sous-entendus » sa compagne de voyage.

sur un film de TF1

le 13 juin 2007



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